02 février 2006

Good night, and good luck.

Réalisateur : George Clooney
Année : 2005
Genre : Drame véridique

Après plus de trois mois sans mise à jour, SWID fait son grand retour (hum...) avec la critique d'un film nominé aux oscars pour le meilleur film, le meilleur scénario, le meilleur acteur et le meilleur réalisateur. Bref, même si les oscars ne sont pas une référence dans l'industrie cinématographique, c'est plutôt une bonne performance pour le second film de George Clooney en tant que réalisateur, Good night and good luck.

Le film prend place dans les années 50, alors que le sénateur Joseph McCarthy a décidé de lancer une véritable "chasse aux sorcières" contre les communistes (en pleine guerre froide, on peut comprendre cela). Mais très vite, le simple fait d'être marié à un communiste, ou d'avoir eu un jour un contact avec un communiste, pourra servir de pretexte pour accuser la personne de sympathisant, et ainsi l'écarter de ses fonctions ; plus de 200 personnalités d'Hollywood s'exileront en Europe, dont Charles Chaplin. Le film raconte donc l'histoire d'un présentateur de télé, Edward R. Murrow (David Strathairn), qui, en pleine période de "terreur", avec l'aide du producteur Fred Firendly (George Clooney), va s'opposer au sénateur McCarthy, en dénonçant ses dérapages, et en aboutissant finalement à sa chute quelques années plus tard.

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(c) Metropolitan FilmExport

Tout d'abord, parlons du noir et blanc. En dehors de tout aspect esthétique, le noir et blanc était indispensable : en effet, de nombreuses images d'archives sont utilisées dans le film. Afin d'être cohérent, donc, il était préférable que la totalité du film soit également en noir et blanc ; et par la même occasion, ce-dernier se rapproche plus du style "années 50". D'une pierre deux coups, en quelques sortes. Mais l'équipe du film ne s'est pas contenté de supprimer la couleur, elle nous offre en prime un noir et blanc très joli, qui nous pousserait presque à souhaiter que la couleur disparaisse pour toujours du grand écran (j' ai dis presque, hein...). Ensuite, le film surprend par sa sobriété : toute l'action se déroule dans les locaux de la CBS, et aucune musique ne vient nous distraire, excepté quelques morceaux de jazz. Mais dans ces cas-là, ce sont des morceaux diffusés par la CBS ; un bon moyen de mettre de la musique sans en mettre... Sobre, Good night, and good luck l'est aussi dans sa réalisation : discrète, elle sait par moment être inventive, avec quelques plans assez bien trouvés (en particulier le tout dernier). Bref, George Clooney a effectué un vrai travail en tant que réalisateur, et c'est tant mieux.
Enfin, il convient de saluer la prestation de David Strathairn. Je n'ai jamais vu la tête du vrai Edward R. Murrow, mais je pense qu'il n'y aurait pas beucoup de différences avec l'acteur. Pourtant, le jeu de Strathairn ne change pas beaucoup à travers le film, mais force est de constater qu'il est parfait dans le rôle du journaliste essayant de défendre la liberté de la presse.

Même si le film ne va peut-être pas au bout de son sujet, et que certains pourront avoir un sentiment d'inachevé à la fin de la séance, il n'en demeure pas moins une sorte de huit-clos passionant, montrant l'envers du décors de cette période d'angoisse et de suspicion, à savoir le travail des journalistes qui se sont battu pour défendre la vérité. Ce deuxième film de George Clooney en tant que réalisateur laisse donc présager du très bon pour le futur de cette nouvelle carrière.

Note : 4/5

PS : pour ceux qui ne le savaient pas, "Good night, and good luck" est la phrase que prononçait Edward R. Murrow à la fin de l'émission qu'il présentait sur CBS.

Posté par Omar Salad à 15:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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